Morgan Stanley réitère son conseil de surpondérer le dossier Sanofi Aventis qu'il valorise 81 euros l'action.
Le bureau d'études estime que le laboratoire supporte environ 2 milliards d'euros de coûts d'infrastructure excédentaires depuis l'acquisition d'Aventis. La révision récente des objectifs de croissance 2006 indique (plus ou moins explicitement) que la direction financière a décidé de s'attaquer à ce legs qui pénalise Sanofi. En effet l'objectif d'une croissance du BPA de 2% seulement (contre 12% auparavant) implique une réduction de 560 millions d'euros du bénéfice, ce qui paraît nettement supérieur à la contribution de Plavix, de l'ordre de 200 millions d'euros. Selon Morgan Stanley, l'écart s'explique sans doute par de probables provisions pour restructuration, de l'ordre de 300 à 400 millions d'euros.
Une rationalisation des infrastructures pourrait permettre au labo d'améliorer significativement sa génération de trésorerie. Toutefois, Morgan Stanley souligne que le rythme des gains de productivité est partiellement conditionné par l'environnement politique, notamment en France et en Allemagne où des réductions d'effectifs seraient difficile à faire passer. Tout l'art consistera à dimensionner judicieusement les objectifs d'économies de coûts en regard de l'impact des évènements négatifs potentiels. 800 millions d'euros par an paraît à cet égard un objectif plausible et prudent.
Morgan Stanley maintient sa recommandation de surpondérer les titres SAN en dépit de nombreuses incertitudes, car le cours actuel reflète partiquement à ses yeux le pire des issues pour chacune des questions qui pèsent actuellement. Toutefois, d'ici la décision de la FDA sur Acomplia, voire jusqu'aux résultats annuels de février prochain, l'évolution du titre pourrait demeurer bornée.